TDAH et manque d’inhibition du cerveau

Qu’est-ce qui fait que l’enfant avec TDAH ou un enfant intellectuellement précoce peut avoir du mal à se concentrer, peut faire une crise de nerfs ou être submergé par des émotions pour pas grand chose ? Qu’est-ce qui fait qu’il puisse dire ou faire des choses qui sont mal vues dans la société ? Qu’est-ce qui fait qu’on dit qu’ils n’ont pas de frein, pas de filtre ?

TDAH : Un déficit d'attention ou trop d'attentions ?

On parle de déficit d’attention pour un enfant (ou un adulte) qui a du mal à garder son attention pendant une période plus ou moins longue selon l’enfant. Et parfois selon le sujet. Souvent les parents nous disent “qu’il peut rester très longtemps devant un jeu vidéo, mais pour faire ses devoirs, il n’écoute plus après 10 minutes…”
En fait il faut comprendre que l’enfant a surtout un problème pour se focaliser sur un seul sujet. Comprendre ce qui se passe au niveau de leur cerveau, c’est comprendre que ces enfants font attention à tout, à tous les détails : un petit bruit à droite, un mouvement à gauche, un point rouge en haut,… Dans un jeu vidéo, il y a du mouvement, il y a beaucoup de détails. Leur cerveau est attiré vers les détails. Ils voient les petites choses que les autres ne voient pas, ils remarquent les détails dans une histoire (mais peut-être pas le sens global de l’histoire). Dans une classe au contraire, il faut se focaliser sur le professeur et surtout inhiber l’envie de regarder le copain qui joue avec son stylo, l’oiseau qui saute sur les branches à l’extérieur, inhiber l’envie d’écouter ce que disent les autres derrière, etc. Bref, inhiber tous les détails autour !
Ce n’est donc pas un déficit d’attention à proprement parler mais trop d’attentions à trop de choses. Pas de filtre pour ce qui entre dans le cerveau et pas de filtre pour ce qui sort du cerveau.

TDAH : un défaut de mécanismes inhibiteurs ?

Plusieurs études montrent en effet que les enfants avec déficit d’attention, hyperactivité et impulsivité souffrent d’un défaut dans les systèmes inhibiteurs du cerveau.
En effet, en temps normal, l’enfant devrait pouvoir inhiber les autres éléments autour pour se concentrer sur le professeur. Il doit pouvoir inhiber ses pensées négatives ou ses émotions pour ne pas pleurer, taper du pied, claquer la porte de sa chambre ou pire, insulter ses parents ou ses professeurs parce qu’on lui a dit non ou parce qu’on l’a contredit.
C’est malheureusement souvent confondu avec un manque d’éducation de la part des parents ou plus tard comme un enfant à problèmes qui ne pourra pas avoir une scolarité normale. Soyons honnête, il peut aussi y avoir un problème d’éducation de la part des parents et il faudrait peut-être revoir les règles à la maison. Mais il faut déjà comprendre que ces enfants ont un problème d’inhibition qui est défaillante.
Il peuvent s’emporter facilement ou se mettre en danger parce qu’il n’y pas d’inhibition de la part du cortex cérébral leur faisant comprendre que ce n’est pas une bonne idée d’insulter un adulte ou de contredire en permanence son professeur, que ce n’est pas une bonne idée de jeter une pierre ou de taper sur la tête d’un copain qui nous a énervé, que ce n’est pas une bonne idée de sauter d’un mur pour aller chercher un ballon, etc.
On parlera dans un autre article des dysfonctionnements des neurones miroirs chez ces enfants qui fait qu’ils peuvent aussi être “taxés” d’insensibles aux émotions des autres.

Que faire ?

Que faire alors avec ces enfants ? Leur parler ? Leur expliquer leur erreur, leur demander pourquoi ils ont fait ce qu’ils ont fait,… ? Les punir ou leur promettre une récompense s’ils s’abstiennent de recommencer ? Est-ce que ça fonctionne ? Peut-être. J’ai tendance à dire non car nous voyons surtout ceux pour qui cela n’a pas marché ou très peu. Effectivement les parents qui nous viennent nous voir expliquent qu’ils ont fait diverses thérapies et que cela a donné peu de résultats jusque là.

Il ne faut pas oublier que la cause de ce problème est le fonctionnement des parties du cerveau qui n’est pas optimal. La solution vient de stimulations spécifiques qui aideraient ces parties défaillantes à mieux travailler. Le programme CerebroStim utilise diverses sources de stimulations spécifiques cités ci-dessous pour atteindre cet objectif.
En attendant, vous pourrez leur faire faire des exercices physiques qui même s’ils ne sont pas spécifiques ont des résultats similaires sur le cerveau que certaines thérapies ou médicaments.

Références

  • Neurology. 2011 Feb 15;76(7):615-21. Motor cortex inhibition: a marker of ADHD behavior and motor development in children. Gilbert DL, Isaacs KM, Augusta M, Macneil LK, Mostofsky SH.
  • Neurology. 2011 Feb 15;76(7):622-8. Quantifying excessive mirror overflow in children with attention-deficit/hyperactivity disorder. Macneil LK1, Xavier P, Garvey MA, Gilbert DL, Ranta ME, Denckla MB, Mostofsky SH.
  • Neurosci Bull. 2018 Mar 5. The Mechanism of Cortico-Striato-Thalamo-Cortical Neurocircuitry in Response Inhibition and Emotional Responding in Attention Deficit Hyperactivity Disorder with Comorbid Disruptive Behavior Disorder. Zhu Y, Jiang X, Ji W.

  • Front Hum Neurosci. 2018 Feb 20;12:65. The Lateral Prefrontal Cortex and Selection/Inhibition in ADHD. Ronel Z.