La rééducation vestibulaire pour le TDAH

La stimulation vestibulaire pour le TDAH

 

Le TDAH ou le trouble de déficit d’attention / hyperactivité

Le trouble de déficit de l’attention / hyperactivité (TDAH) est un trouble neurocomportemental qui touche 3 à 7% des enfants d’âge scolaire. En dehors des médicaments, la rééducation peut jouer un rôle central dans la diminution de l’hyperactivité, de l’impulsivité et de l’inattention tout en améliorant les performances des enfants à l’école.
La capacité de concentrer et de traiter les informations visuelles et auditives est cruciale pour un apprentissage efficace. Fait intéressant, environ la moitié des enfants atteints de TDAH ont également un mauvais équilibre par rapport aux enfants de leur âge sans TDAH. En outre, des études d’imagerie cérébrale ont montré des structures cérébrales spécifiques qui peuvent poser problème d’un point de vu structurel ou fonctionnel, chez des personnes avec TDAH.

Trois de ces zones cérébrales qui s’avèrent être atteintes à l’imagerie cérébrale dans le TDAH comprennent:
Les lobes frontaux
Les noyaux gris centraux
Le cervelet

Ces zones sont impliquées dans la régulation des émotions, la régulation de la cognition, ainsi que la régulation du mouvement physique. Les différences dans ces structures cérébrales peuvent aider à expliquer bon nombre des déficits de performance généraux observés dans les systèmes cognitifs, émotionnels et moteurs des personnes atteintes de TDAH. De nouvelles approches de rééducation ont été développées dans le but de normaliser ces zones cérébrales spécifiques et donc de normaliser les problèmes de comportement. Une des approches qui a été étudiée avec le TDAH est la rééducation vestibulaire.

La rééducation vestibulaire

La rééducation vestibulaire est un programme de rééducation physique spécifique visant à utiliser des mouvements oculaires, des mouvements de la tête et des mouvements corporels spécifiques afin d’améliorer les capacités fonctionnelles et de réduire les symptômes.
La rééducation vestibulaire est classiquement utilisée chez les patients présentant des vertiges et des problèmes d’équilibre et de démarche. Cependant, de nouvelles recherches ont examiné le lien entre la stimulation du système vestibulaire et les améliorations de l’attention, de la concentration et de la vigilance. Par exemple, il a été démontré que la stimulation vestibulaire influence la régulation de la dopamine dans le cerveau, ce qui a un impact sur l’attention, la motivation et l’apprentissage.

La rééducation vestibulaire et le TDAH

Des études ont montré l’intérêt de la rééducation vestibulaire chez les enfants atteints de TDAH.

Par exemple dans une étude parue en 2018, les chercheurs ont mis en place de la rééducation vestibulaire pour 38 enfants âgés de 7 à 12 ans avec TDAH sur une période de 3 mois à raison de 3 sessions par semaine pendant 30 minutes. Comparé au groupe de témoin (qui n’a pas eu de rééducation), les enfants atteints de TDAH ayant suivi la rééducation vestibulaire ont eu une amélioration de leurs performances motrices, du contrôle de la réponse (capacité d’inhibition de la réponse), de l’attention auditive et visuelle et de la planification motrice.

Ces observations confirment d’autres études qui ont montré que d’une part les enfants souffrant de TDAH ont des troubles fonctionnels des systèmes visuels, somatosensoriels et vestibulaires (d’où aussi leurs troubles dyspraxiques) et que d’autre part la rééducation vestibulaire pourrait être une option de traitement fiable et efficace pour le TDAH, en particulier lorsqu’il est combiné avec d’autres rééducations.

L’effet de la rééducation vestibulaire sur le TDAH

La rééducation vestibulaire a amélioré l’attention et l’hyperactivité chez ces enfants. En raison des connexions entre le système vestibulaire et auditif, il est possible que des thérapies vestibulaires-auditives spécifiques puissent améliorer la compréhension auditive chez les personnes atteintes de TDAH et donc améliorer l’apprentissage. Les connexions entre le système vestibulaire dans les oreilles internes et d’autres régions du cerveau permettent de voir facilement comment la stimulation du système vestibulaire peut également affecter de nombreuses autres zones du cerveau, pas seulement celles impliquées dans le TDAH.

Le programme Cerebrostim pour le TDAH

Le TDAH, ainsi que d’autres troubles du neurodéveloppement, est un trouble complexe, avec beaucoup de comorbidités et des différences de fonctionnement cérébrale d’un enfant à l’autre. Il ne suffit donc pas de proposer un “traitement miracle” à tous les enfants souffrant des troubles liés à des parties différentes du cerveau. Le programme Cerebrostim n’est donc pas un programme unique pour tous les enfants. C’est pourquoi la rééducation peut et va être proposée aux enfants avec TDAH combinée à d’autres stimulations (oculomoteurs, proprioceptives, cérébelleuses,…) pour essayer d’être le plus spécifique par rapport à ce qui a été vu chez chaque enfant au moment de l’examen initial. Par exemple un exercice vestibulaire ciblant un canal horizontal combiné à un exercice oculomoteur dans une direction spécifique ne produit pas le même résultat qu’un autre canal avec un mouvement oculomoteur dans une autre direction. C’est cette spécificité qui pourrait faire la différence pour créer un changement significatif chez l’enfant souffrant de TDAH ou d’autres troubles de développement.

En savoir plus sur la méthode Cerebrostim

Références :

Moghadam SF (2018) Vestibular therapy improved motor planning, attention, and balance in children with attention deficit hyperactivity disorders: a randomized controlled trial. Phys Med Rehabil Res 3: DOI: 10.15761/PMRR.1000171

Shum SB, Pang MY. Children with attention deficit hyperactivity disorder have impaired balance function: involvement of somatosensory, visual, and vestibular systems. J Pediatr. 2009 Aug;155(2):245-9.

Haghshenas, Sajad, Hosseini, Motahare S., & Aminjan, Azin S.. (2014). A possible correlation between vestibular stimulation and auditory comprehension in children with attention-deficit/hyperactivity disorder. Psychology & Neuroscience, 7(2), 159-162.